Puissance défibrillateurs : choc haute ou basse énergie

Puissance défibrillateurs : choc haute ou basse énergie

Le défibrillateur est un dispositif médical qui limite significativement le risque de mortalité en cas d’arrêt cardiaque au moyen de décharges électriques délivrées au cœur. Mais vous êtes-vous déjà demandé quelle était la puissance de chocs des défibrillateurs. Sur ce point, il faut savoir que certains fabricants préconisent la haute énergie tandis que d’autres suggèrent la basse énergie. Face à cela, il est tout à fait légitime de se poser une interrogation. Défibrillateur haute ou basse énergie ? Mais avant d’y répondre, quelques éclaircissements sur le fonctionnement des défibrillateurs s’imposent.

Les décharges délivrées par les défibrillateurs (DAE)

Le DAE a pour principale fonction de délivrer des décharges électriques dans le cœur de la victime d’un arrêt cardio-respiratoire. Lorsqu’une décharge doit être réalisée, un condensateur au sein du DAE est chargé par un circuit à haute tension, 1000 à 5000 V. Une fois le condensateur chargé, la décharge, qui prend la forme d’un courant continu, est délivrée via les électrodes thoraciques collées au cœur.

La décharge ne dure qu’une dizaine de millisecondes afin de dissiper rapidement la chaleur et limiter les risques de brûlures. Les défibrillateurs d’aujourd’hui sont capables de produire des décharges qui s’adaptent à l’impédance thoracique (résistance électrique du thorax, son opposition au passage du courant). Cette impédance varie de 20 à 150 ohms et est en moyenne de 75 ohms.

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Choc à haute ou basse énergie ?

L’analogie entre un choc électrique externe (CEE) et un médicament est tout à fait possible. Ainsi au cours d’une défibrillation cardiaque par DAE, il est possible de parler de :

  • Principe actif : électricité ;
  • Dose : puissance délivrée ;
  • Voie d’administration : externe transthoracique ;
  • Pharmacocinétique : durée de l’onde de défibrillation ;
  • Galénique : forme d’onde (monophasique sinusoïdale, monophasique trapézoïdale, biphasique) ;

C’est à partir de cette analogie qu’on a pensé aux moyens d’améliorer l’efficacité du principe actif (électricité). Ainsi, les enregistrements ECG après une défibrillation externe ou un CEE conduisent les experts à faire le constat que : « moins de puissance, c’est moins d’effets secondaires ».

À la question de savoir quel choix faire entre un défibrillateur avec choc haute énergie ou un défibrillateur avec choc basse énergie, on répondra donc que la seconde option s’impose. En fait, d’après diverses études (Etude SFAR, Etude ERC, Etude AHA) la puissance recommandée pour les défibrillateurs se situe entre 150 et 200 joules. De plus, il n’y a pas vraiment de différence d’efficacité entre la haute et la basse énergie, sauf que les risques de séquelles sont plus importants à haute énergie.

Rappel des critères à prendre en compte pour choisir un DAE

À part l’intensité du choc délivré par le DAE, plusieurs autres critères doivent être pris en compte pour choisir un DAE, voici un petit rappel des plus importants d’entre eux :

  • La fiabilité du fabricant ;
  • La performance et la fiabilité du défibrillateur (les certifications) ;
  • L’étendue des garanties proposées par le fabricant ;
  • L’ergonomie : l’existence d’une assistance à la RCP efficace ;
  • Le degré d’intervention humaine : DSA ou DEA ;